5- Notion de Transfert de charge
Toute contrainte physique sur une voiture (accélération, freinage,
roulis…) induit ce que l’on appelle un transfert de charge (et non de
masse). L’assiette de la voiture est idéalement de 50-50, c'est-à-dire
50% du poids total de la voiture sur le train avant et les 50 %
restant sur le train arrière. Lorsque l’on est en dynamique l’attitude
de la voiture va être modifiée : si l’on freine on transfert la charge
de la voiture vers l’avant, par exemple : 65-35, si l’on accélère on
transfert la charge de la voiture sur l’arrière : 35-65.

Cette notion de transfert de charge prend toute son importance quand
il s’agit de faire tourner l’auto. Est-ce vraiment le volant qui fait
tourner une voiture ? Non, le volant donne un indice de direction à la
voiture, il lui dit « tourne à droite » ou « tourne à gauche » mais ce
sont les freins de la voiture qui vont faire qu’elle va tourner ou
non. Encore une fois sur la route au cours d’une conduite quotidienne
dite « normale » vous ne ressentez peut être pas le besoin de freiner
pour que votre
voiture accepte de tourner. En effet de manière générale cela passe
toujours assez bien. Pourquoi ? Parce que 80% du parc automobile est
constitué de tractions avec moteur avant. Donc déjà beaucoup de poids
sur l’avant (le moteur, la transmission,…) et parce que par temps sec
et une conduite adaptée les qualités du châssis de votre voiture
permette de la faire tourner sans trop de problème.
N’avez-vous jamais « tiré tout droit » dans un rond point sous la
pluie ? Vous vouliez tourner et la voiture allait en face comme si le
volant n’avait aucune influence sur la direction de votre auto.
N’êtes-vous jamais sorti trop large d’un virage ? Vous tourniez votre
volant pour garder la voiture à l’intérieur et pourtant elle
s’écartait inexorablement vers l’extérieur avec les pneus avant qui
crissent.
Pour l’histoire du rond-point sous la pluie… pourquoi la voiture tire
tout droit ? Parce qu’il manque de poids sur le train avant.
Explication : 1 - vous rouliez trop vite par rapport à l’angle de
volant que vous imposiez à votre voiture, on verra plus tard qu’il
existe une proportionnalité entre l’angle de volant et la vitesse ; 2
- pour la même vitesse de passage vous pouviez freiner afin
d’augmenter votre pouvoir directionnel et vous auriez pris votre
rond-point sans soucis.
Imaginez maintenant le conducteur de Porsche, moteur en porte à faux
arrière, c'est-à-dire que le moteur est situé derrière les roues
arrière. Devant c’est un coffre, c’est vide. S’il ne freine pas, il ne
tourne pas.
Lorsque l’on veut faire tourner sa voiture, il vaut mieux avoir de
l’adhérence sur le train avant puisque c’est le train directeur. Un
pneu, c’est de la gomme. Plus il y a de charge sur un pneu, plus il
adhère. Pour avoir du poids… il faut freiner. Donc on ne lâche jamais
ses freins au moment où l’on tourne ses roues, c’est là ou l’on en a
le plus besoin. Voyons sur ce schéma la surface de contact au sol des
pneumatiques en statique ou en ligne droite :

Les rectangles gris
représentent les roues vues de dessus. Les zones rouges représentent
la surface de contact avec le sol. Si l’on freine la surface de
contact sur l’avant s’accroît, par conséquent celle sur l’arrière
diminue. Plus la surface est importante, plus il y a d’adhérence :

Ici
nous pouvons voir la surface de liaison au sol dans un virage à gauche
en vitesse constante (ni en phase de freinage, ni en phase
d’accélération) :

Si
l’on accélère, on vient charger l’arrière et délester l’avant. Donc on
diminue l’adhérence du train avant c'est-à-dire que l’on réduit son
pouvoir directionnel. En effet avec le même angle de rotation des
roues, si la charge est inférieure, l’adhérence est diminuée donc mon
rayon de braquage s’en retrouve augmenté. A l’inverse si l’on freine,
on augmente la charge sur l’avant, le pouvoir directionnel augmente et
la voiture tourne beaucoup plus avec toujours le même angle de
rotation :

Autrement dit : pour
un même virage et une même voiture, c’est le freinage qui va faire la
différence.
- Sur un premier passage à une
vitesse donnée sans freinage la voiture peut sous-virer (tourner moins
que souhaité) voire faire un tout droit.
-
Alors que sur un second passage
plus rapide, avec un freinage correctement dosé, la voiture négociera
le virage sans la moindre difficulté.
Résultat : Même virage, même voiture. Vitesse « x » la voiture ne
tourne pas. Vitesse « x+ » la voiture passe sans problème.
Conclusion : c’est bien juste le freinage qui à fait la différence
entre les deux passages. Dans le premier cas le volant n’a eu aucune
incidence sur la trajectoire de la voiture. Dans le deuxième, les
freins ont fait tourner la voiture. (Nous verrons plus tard pour la
mise en dérive que très souvent moins l’on braque ses roues et mieux
la voiture tourne).
Voici le cercle de Kann aussi appelé « cercle d’adhérence » (qui est
plutôt une ellipse qu’un cercle) qu’il est important de toujours avoir
à l’esprit :

En
voici l’interprétation : Tant que nous sommes dans le cercle, nous
avons de l’adhérence, si nous sortons du cercle c’est le dépassement
des limites des pneumatiques. Vers le haut, c’est du patinage des
roues motrices, vers le bas du blocage de roues.
On
peut constater que pour une accélération ou un freinage maximal, les
roues doivent être droites. Plus l’on tourne vers la droite ou la
gauche, et plus il faut diminuer sa vitesse ou son freinage. Le but
étant d’approcher toujours les limites du cercle sans les dépasser.
Pour conclure : puisque c’est le freinage qui permet de négocier un
virage, il serait bon de connaître la trajectoire qui est propre à
chaque virage afin de savoir où et quand freiner.
1-
La position de conduite
2-
Les mains sur le volant
3-
Pied gauche et calage du corps
4-
Le freinage
5-
Notions de transfert de charge
6-
Les trajectoires
7-
La projection du regard
8-
Le double débrayage
9-
Le talon pointe
10-
Le sous-virage
11-
Le survirage
Par Kévin Gallmann