8- Le double-débrayage.
Le double
débrayage est une technique de rétrogradage très efficace tant au
niveau du respect mécanique que de la performance ou encore du
confort.
Les atouts du
double débrayage sont au nombre de 5 :
- Le confort
- La sécurité
- La mécanique
- La rapidité
d’exécution
- La performance
Le double
débrayage permet de rétrograder sans aucun à-coup ni aucune contrainte
mécanique. Il se décline en deux versions : le vrai double débrayage
et le faux double débrayage. Attention ! Ce n’est pas « vrai » ou
« faux » dans le sens bien ou pas bien, mais dans la sémantique pure
du terme. Dans le vrai on débrayage 2 fois tandis que dans le faux on
ne débraye qu’une seule fois. Nous verrons un peu plus tard les
différences entre les deux. Je vais développer ici le vrai. Qui peut
le plus, peut le moins.
Le confort : Comme
on vient de le voir le double débrayage retire tout à-coup dû à la
retenue moteur (frein moteur) en conséquence de quoi on ne sens même
plus les changements de rapport qui fera le bonheur de vos passagers.
La sécurité : Qui
dit plus d’à-coup, dit plus de blocage. Le double débrayage évite aux
roues motrices de se bloquer à cause de ce fameux frein moteur. Il
n’est pas rare sous la pluie ou la neige de voir des propulsions se
mettre en travers au moment du rétrogradage. Le freinage du conducteur
lié à l’à-coup du rétrogradage vient bloquer les roues arrière parce
que le freinage des roues devient trop important par rapport au
coefficient d’adhérence. Ceci s’appelle un blocage de boîte. Le double
débrayage l’évite complètement.
La mécanique : Le
fait de débrayer deux fois évite aux synchros de la boîte de vitesses
de travailler. C’est vous, par l’action de cette technique, qui
remplacez leur travail. Ainsi, plus d’usure de la boîte de vitesses.
La rapidité
d’exécution : Le double débrayage permet au conducteur de ne plus
avoir à doser sa pédale d’embrayage. Elle s’actionne comme un bouton :
on appuis dessus à fond et on la relâche d’un coup.
La performance :
Le gain de rapidité et de sécurité permet des freinages tardif et très
puissant sans crainte de blocage au rétrogradage, celui-ci étant
rapide et non dosé, il permet des gains de temps important. (Ex. : en
rallye dans une voiture de type groupe N, entre un pilote qui fait le
double débrayage et celui qui ne le pratique pas du tout, la
différence est d’une seconde au kilomètre).
L’exécution :
Nous sommes en 3ème.
On débraye, on passe au point mort. On embraye et on donne un coup de
gaz. On débraye à nouveau, on passe la seconde. On lâche l’embrayage.
Le coup d’accélérateur, appelé « relance moteur » doit être égale au
régime moteur du rapport inférieur. Exemple : en troisième à 60km/h le
moteur à un régime de 2800tr/minutes, en seconde pour la même vitesse,
un régime de 4000tr/minute. Lors de mon rétrogradage, ma relance
moteur doit être de 1200tr/minute. Ainsi mon régime sera déjà de
4000tr au moment de passer la seconde, par conséquent il n’y aura
aucun à-coup de retenue moteur ce qui permet de relâcher la pédale
d’embrayage sans doser du tout. Comme critère de réussite, vous devez
sentir votre levier de vitesses se faire aspirer dans le rapport
inférieur au moment de l’enclencher.

Le principe.
Le double
débrayage permet d’harmoniser la vitesse de rotation
moteur-boîte-roues. Comme on peut le voir dans les schémas ci-dessus,
le moteur entraîne la boîte qui elle-même entraine les roues.
L’embrayage permet de faire l’intermédiaire entre le moteur et la
boîte de vitesses. Le fait de relâcher l’embrayage (embrayer) au
moment où l’on est au point mort permet de recréer le lien entre le
moteur et la boîte ainsi la relance moteur entraine la boîte, ce qui
à pour objectif de remplacer le travail des synchros.
Le faux double
débrayage est plus facile à réaliser puisqu’il s’agit de procéder à un
rétrogradage classique et de donner la relance moteur en même temps
que l’on passe le rapport inférieur. Les avantages sont les mêmes que
le vrai à l’exception que le fait de garder la pédale d’embrayage
enfoncée (débrayé) ne permet pas d’entrainer la boîte de vitesses avec
la relance moteur. Les synchros jouent leur rôle normal, on perd donc
l’avantage mécanique ainsi que celui de la rapidité d’exécution. Cela
se ressent surtout sur les petits rapports (3ème, 2nde
et 1ère) où il faut attendre que le levier de vitesses
accepte de rentrer dans l’emplacement choisi.
Il convient, dans
une recherche de performance maximale, de jongler avec les deux
techniques. En effet le faux double débrayage sera plus rapide sur les
grands rapports (6ème, 5ème, 4ème) où
les différences de régimes sont minimes et où les synchros sont plus
rapide que le temps que l’on met à débrayer deux fois. Et il est fort
judicieux d’adopter le vrai double débrayage sur les petits rapports
afin de gagner de précieuse secondes ainsi que d’épargner sa boîte de
vitesse.
Le double
débrayage est utile lors d’un rétrogradage afin de doubler, pour
relancer la voiture dans une côte, etc… il permet de donner à l’auto
toute la puissance qu’elle peut délivrer et n’est pas pénalisée par la
retenue moteur, cela optimise le couple et la puissance de la voiture.
N.B. : Il est
très important de démarrer sa voiture en enfonçant la pédale
d’embrayage. Ainsi le démarreur n’entrainant que le moteur (et non la
boîte en plus) fourni beaucoup moins d’effort. D’ailleurs les voitures
sportives ne démarrent pas si l’on ne débraye pas.
1-
La position de conduite
2- Les mains sur le volant
3- Pied gauche et calage du corps
4- Le freinage
5- Notions de transfert de charge
6- Les trajectoires
7- La projection du regard
8-
Le double débrayage
9- Le talon pointe
10-
Le sous-virage
11-
Le survirage
Par Kévin Gallmann